Lors de l’évènement Sustainable Brands Paris  (SB Paris 19) j’ai eu le plaisir de participer à de nombreux échanges et tables rondes et d’apprendre plein de choses. Je vais essayer de les partager avec vous dans ce petit article (Vous pouvez lire mon retour d’expérience sur la conférence elle-même ici.)

J’essaie en général de faire les bons choix, favoriser les produits bio et locaux et de réduire mes déchets. Recycler, donner au lieu de jeter, économiser eau et énergie. Prendre transports en commun, me déplacer en vélo ou trottinette électrique au lieu de la voiture. Mais faire les bons choix, ce n’est pas toujours simple. Est-ce que les produits bio proviennent nécessairement d’entreprises pour lesquelles la durabilité et l’éco-responsabilité sont importants ? Qui sont les « bons » et les « mauvais » acteurs ? Que pouvons-nous faire ?

Comment orienter nos choix ?

40 membres Ferme France

Vous connaissez peut-être l’application Yuka qui nous aide à identifier les produits sains ? Malheureusement elle ne nous donne pas d’info sur l’impact environnemental. Comment donc permettre aux consommateurs de trouver cette information si précieuse ? Dans quelques mois, Capucine Laurent et son association Ferme France nous permettrons de regarder la note sociétale pour les produits issus de production agricole. L’association compte déjà 40 membres. Parmi ces membres figurent des grands retailers comme Auchan Retail et Carrefour mais aussi des producteurs et des consommateurs. La mixité et diversité des membres sera un garanti pour l’objectivité de la note. Même si j’ai hâte de tester les produits de mon panier habituel – il faudra néanmoins attendre fin 2019 pour le site et début 2020 pour les applis mobiles.

Un label garant de transparence : B-CORP

Et pour les produits non agricoles ? La bonne nouvelle, il y a B-CORP. Seulement les entreprises qui répondent aux normes les plus strictes de performance sociale et environnementale vérifiée, de transparence publique et de responsabilité légale pour équilibrer le profit et l’objectif, ont le droit au label B-CORP. Dans l’annuaire on retrouve des petites entreprises comme les producteurs de baskets VEJA (d’ailleurs bien présentes sur les pieds des participants du salon et la modératrice Kristen Davis 😉 ou les produits laitiers Les 2 Vaches mais aussi des grands groupes comme Danone ou Engie.

Les SDG

17 SDG publiés par l'ONU en 2015

En 2015 l’ONU publie 17 « sustainable development goals ». Ces Objectifs de développement durable sont conçus pour permettre de construire le futur des 8,5 milliards d’habitants attendus sur la planète en 2030. Ils servent donc de feuille de route pour « de transformer les vies tout en préservant la planète ». De nombreuses entreprises s’inspirent de ces SDG pour construire leur stratégie de durabilité.

Plastique – Eau – Economie circulaire

Bien évidement nous avons entendu parler de nombreux cas de Greenwashing. Ça nous a rend sceptiques, lorsque les grands groupes parlent de leurs stratégies et activités durables. C’est à eux de gagner notre confiance en nous montrant que ces stratégies ne sont pas que des mots et qu’il y a des vraies intentions et actions derrière. Les consommateurs demandent un MFSC (Massive Fxxxing Social Change, © @solitaire Townsend). Lors des conférences j’ai pu découvrir les stratégies de nombreuses marques et j’en citerai quelques-unes pour vous montrer la diversité des approches.

Vanessa Wright de Pernod Ricard a détaillé leur stratégie de durabilité « de la graine au verre » développée avec l’aide de 300 collaborateurs. Cette stratégie s’applique aux 86 marques du groupes. Et ce sont tous les 18000 collaborateurs qui s’engageront pendant une journée de travail entière à la circularité.

Chez l’Oréal, comme l’explique Alexandra Palt, la moitié du plastique utilisé est du plastique recyclé. Le challenge pour le groupe étant de réduire leur empreinte environnementale sans négliger la performance. Dans les marchés asiatiques par exemple, plus c’est « bling bling » (et en conséquence dans un emballage plus polluant), mieux ça vend.

50L d’eau par jour – avez-vous besoin de plus ?

Procter & Gamble vise plus large et veux fixer le problème d’eau domestique dans le monde. Inspiré des contraintes à Le Cap où la population a été demandée de réduire leur consommation quotidienne d’eau à 50L/personne, la multinationale a lancé le projet du « 50L home » qui permettra de créer des maisons consommant 50L d’eau par jour par personne avec le même sentiment de confort que les 200L utilisés aujourd’hui en France. Pour comprendre : durant votre douche du matin, vous utilisez déjà 100L d’eau en moyenne. L’enjeu sera de réutiliser, purifier et recycler l’eau à l’intérieur des maisons et d’imaginer les bons flux (de la douche dans les toilettes en passant par la machine à laver ?). Pour sensibiliser les gens, il faudra aussi commencer à mesurer par exemple l’eau de la douche avec des compteurs dédiés. Savez-vous combien d’eau vous utilisez ?

La réparabilité – un vrai enjeu pour l’électroménager

Le groupe SEB vend 9 produits par seconde sous 29 marques différentes dans le monde entier. Ce groupe international a depuis quelques années découvert la réparabilité comme vrai USP : ces produits sont (de plus en plus) construits de façon qu’on puisse échanger des pièces. Et malgré les sceptiques internes (bien évidemment les commerciaux qui craignaient une baisse des ventes suite aux réparations) l’intention d’achat augmente – les consommateurs ont plus de confiance dans les marques du groupe.

Réduire les déchets alimentaires

100 millions de clients mangent tous les jours chez Sodexo, nous explique François Blanckaert. 4 à 10% des aliments sont perdus avant d’atteindre les assiettes des consommateurs. Travailler pour réduire ce gaspillage représente un grand enjeu avec un impact considérable : le coût de ces déchets s’élève entre EUR 240 et 2,4 mio (achats de EUR 6 mrds/an).

Pour conclure, cette conférence m’a montré dans un format très compact que de nombreuses petites et grandes marques s’engagent, créent leur stratégie de durabilité et surtout la mettent en oeuvre. Bien évidemment, les marques présentes à une conférence de ce type sont celles qui comprennent l’enjeu de la durabilité comme vrai impératif nécessaire et opportunité de croissance. Nous n’y trouverons pas les moutons noirs au niveau du comportement éco-responsable comme la boulangerie qui produit en France pour exporter des produits surgelés dans le monde entier… A nous consommateurs de faire le choix !

PS : Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager ! Ça motive toujours à en écrire d’autres 🙂